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Le tatouage, un sceau

Les tatouages sont aujourd’hui très répandus dans le monde, et de plus en plus présents dans le milieu chrétien aujourd’hui. Vous l’avez peut-être fait ou êtes intéressé par la question, je voudrais donc vous partager quelques points destinés à approfondir notre réflexion à ce propos, Bible en main. Je ne souhaite par ces mots ni juger, ni accuser, car il n’y « aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Ro 8:1). La liberté trouvée dans la grâce en Jésus-Christ est certaine, mais exige aussi de nous d’être responsables et réfléchis. Nous devons veiller à nos actions et leurs conséquences, savoir dans quoi l’on s’engage, et surtout prier, quelle que soit la situation. Voici donc le résumé en quelques points de mon article plus complet que vous pouvez télécharger en bas de page.



1. Origine spirituelle

Le tatouage n’est pas un acte anodin et a, dès ses origines, une implication spirituelle, dans la signification même de son nom (ta-atua, « dessin d’esprit »). On y puisait son identité et sa force, et il renvoyait à un héritage ou une puissance spirituelle, une divinité ou l’objet de notre soumission. Concrètement, c’est une scarification laissant une trace indélébile dans la peau et faisant couler le sang. Or le sang versé volontairement est généralement synonyme d’alliance entre deux partis (la circoncision, les sacrifices d’animaux, les pactes de sang, le sang de Jésus). Au-delà d’un simple dessin, c’est un véritable rituel aux sources, avouons-le, plutôt occultes.



2. Corps de Christ

Rappelons-nous que si nous sommes responsables de nos corps, ils appartiennent à Christ qui les a rachetés pour Dieu au prix de son sang. Il en est ainsi devenu le propriétaire légal. Nous le lui soumettons, et à lui seul, comme un sacrifice vivant, nous engageant à en prendre soin, comme Adam qui devait prendre soin du jardin d’Eden que Dieu lui avait confié. Une telle atteinte corporelle volontaire ne semble pas aller dans ce sens, mais au contraire dégrade de manière permanente ce qui n’est plus à nous.



3. Temple du Saint-Esprit

Notre corps est le Temple du Saint-Esprit (1Co 6,19) : il a reçu la capacité et la vocation d’accueillir l’Esprit de Dieu sur la terre. C’est pour cela que l’apôtre Paul nous exhorte à être saints de corps et d’esprit, car la présence de Dieu demeure en nous et il y a des exigences liées à cet honneur. C’est pourquoi il ne doit pas être soumis à une autre influence spirituelle, comme c’est le cas lors de rituels, quels qu’ils soient. La tenue du Tabernacle, puis du Temple de l’Eternel était soumise à des règles afin que Dieu y demeure. Certes, nous sommes rachetés et purifiés par le sang de Jésus, mais nous devons progresser dans la sanctification. C’est un commandement qui implique tout notre être : corps, âme et esprit. (pour aller plus loin dans l’analogie du corps et du Temple de Dieu, cf. Ez 8,7-10)



4. Sceau

Le tatouage est essentiellement identitaire et renvoie à une lignée familiale, un groupe de personne, un maître (physique ou spirituel), un symbole. Il a ainsi la même fonction qu’un sceau. Or derrière tout sceau se trouve un seigneur, un maître vers lequel il dirige. Prenons garde par ailleurs de ne pas être nos propres maîtres, entraînant des décisions fondées sur notre convoitise et notre désir de plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu. Le seul sceau qui devrait être acceptable de porter est celui de l’Esprit, que Dieu appose lui- même (2Co 1:21). C’est un sceau spirituel qui nous distingue en tant qu’appartenant et représentant Dieu. Tout autre sceau sur nos vies renverrait à un autre maître, ça ne peut pas glorifier Dieu.



5. Image du Fils

Notre modèle et notre influence ne doit pas être la société, un leader quelconque ou nos propres désirs, mais Jésus seul, car nous sommes « prédestinés à être semblables à l’image du fils de Dieu » (Ro 8,29), c'est-à-dire à ressembler à Jésus-Christ, étant ambassadeurs sur la terre pour lui. En tant que tels, assurons-nous de refléter une image digne de lui et de prendre des décisions qui l’honorent, car le regard du monde est fixé sur son Eglise. Notre témoignage et la manière dont nous gérons nos vies ont un réel impact.



6. Circoncision du cœur

Dieu ne demande de notre part aucune marque qui manifeste notre appartenance, si ce n’est la circoncision de notre cœur qui se manifeste par notre intégrité et notre consécration. Les seules marques indélébiles qui devraient nous intéresser aujourd’hui sont sur les mains, les pieds et le côté de Jésus- Christ. Le prétexte de l’évangélisation ou le témoignage n’est pas une raison qui légitime de se faire tatouer, comme c’est parfois avancé. Si tout est permis, tout n’est pas utile, c'est-à-dire que tout en n’étant plus sous la malédiction du péché, nous pouvons nous laisser asservir par lui, notamment en soumettant nos corps à de telles pratiques porteuses d’une influence spirituelle. Assurons-nous de faire ce que le Seigneur nous commande avant de faire des choses qu’il n’a pas demandées.



7. Motivations et convictions

Il nous faut donc questionner nos motivations et les raisons d’une telle décision irréversible, en gardant à l’esprit que nous portons le nom de Dieu sur nos vies, qui appelle à rejeter tout compromis « en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu » (2Co 7,1). Tout ce que nous faisons, nous devons le faire pour la gloire de Dieu (1Co 10,31), en ne nous conformant pas au siècle présent (Ro 12,1). Soyons sûrs de nos convictions, fondées sur la Parole de Dieu, avant de nous lancer dans quoi que ce soit, car ce qui n’est pas le fruit d’une conviction est un péché. Et cela vaut pour tous les domaines de nos vies. Chacun de nos choix doit être non seulement réfléchi, mais éprouvé et éclairé par la lumière de la Bible, afin de ne pas nous soumettre à un quelconque joug étranger.



Avant de conclure, je voudrais commenter trois versets souvent utilisés pour interdire ou pour défendre les tatouages, car malheureusement, l’utilisation qu’on en fait ne leur rend pas toujours justice :



Lévitique 19,28

« Vous ne ferez point d’incisions dans votre chair pour un mort, et vous n’imprimerez point de figures sur vous. » Ce commandement de Dieu à Israël avait pour but de le séparer des autres peuples pour être saint, loin des rituels idolâtres. Dieu est jaloux et ne permettait pas de porter une telle marque de soumission ou lien spirituel à un autre que lui. Même si nous ne sommes plus sous la malédiction de la Loi, la Loi de Dieu est toujours sainte, juste et bonne (Ro 7,12). Et nous avons la responsabilité de l’engagement d’une bonne conscience pour Dieu (1Pi 3,21), c'est-à-dire de rechercher à faire ce qui plaît à Dieu. S’il n’est pas mon argument principal, le commandement reste clair et le contexte intéressant.



Esaïe 44,5

« Cet autre écrira sur sa main : Appartenant au Seigneur ! ». Ce verset est le principal argument scripturaire de ceux qui défendent le tatouage dans l’Eglise. Sauf que ce n’est pas ce qui est écrit dans le texte original hébraïque. Le mot « sur » a été rajouté dans nombre de traductions, alors qu’une lecture littérale ne permet pas une telle interprétation : « cet autre écrira de sa main : A l’Eternel ». Cela parle d’engagement personnel, de consécration à Dieu, mais n’a rien d’une revendication ou permission du tatouage.



Esaïe 49,16

« Voici, je (l’Eternel) t’ai gravée sur mes mains ». C’est le 2ème verset généralement utilisé pour justifier les tatouages dans l’Eglise. Sauf qu’il est question ici d’un décret, une promesse de Dieu de conserver, « graver » comme une loi son peuple Israël dans la paume de sa main. Cela renvoie d’une part au fait que nous avons en Dieu une infaillible sécurité et d’autre part aux cicatrices de Jésus qui sont le signe perpétuel de notre salut. Le fait que Dieu puisse « graver » quelque chose sur ses mains n’est pas une justification du tatouage.



Voici donc quelques points qui sont autant de pistes à explorer et à développer, mais qui me retiennent personnellement de me laisser tenter par cette pratique. Maintenant, quoi qu’il arrive n’oublions jamais que « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1Jn 1,9). Il n’est jamais trop tard pour la repentance d’un cœur sincère qui aime Dieu. Nous sommes tous coupables du péché, mais aussi et surtout pardonnés par le sang de Jésus. Le Seigneur promet de nous libérer et nous délivrer de toutes nos chaînes, et de tout ce qui nous rend captifs, par la puissance de son Saint Esprit, dès l’instant qu’on le lui demande. C’est une assurance et c’est notre espérance !



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© Cédric Fruhinsholz, juin 2019