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Des choix à répétition - 1/3

Le Psaume 92 est un psaume de louange qui élève le Seigneur et qui nous parle entre autres de la justice, de la fidélité et de la provision de Dieu. Ça a déjà dû nous arriver à tous, de regarder le champ d’à côté, s’imaginant que l’herbe y est plus verte, et bien souvent à tort. Nous comparons parfois des situations, des problèmes, même sans s’en rendre compte. Et il arrive même de ressentir un sentiment d’injustice ou de frustration dans des moments où nous estimerions mériter mieux. Cela peut venir du fait que nous ne trouvons pas notre place, que nous ne savons exactement où nous en sommes et où nous allons. A partir de ce Psaume, agrémenté de nombreux autres passages de la Bible, nous allons parler de l’appel personnel de Dieu pour chacun de nous, de notre attitude face à cela, et de la provision du Seigneur envers tous ses enfants.



Voici une phrase que l’on peut s’entendre dire, ou bien autour de nous, que la vie n’est pas facile parfois, même avec le Seigneur. D’autre part, nous voyons des personnes gâcher la leur dans l’injustice et pourtant prospérer financièrement, socialement, politiquement, etc. Ça peut facilement créer des combats dans nos pensées, des sentiments de jalousie (conscients ou non), et c’est le genre de choses qui impacte en profondeur et influence nos réactions si l’on n’y prend pas garde. Nous sommes des êtres d’émotions, de ressentis, et ces ressentis, à force de les faire tourner dans nos têtes et de les ressasser, peuvent rapidement se transformer en ressentiment, en amertume, en colère. Je ne parle pas ici d’une sainte colère qui vient du Seigneur, mais d’une colère destructrice, un foyer qui a le pouvoir d’enflammer tout autour. Nous lisons dans Genèse 4,7 un avertissement très sérieux que Dieu a donné à Caïn et qu’il nous est bon aussi d’entendre : « Si tu fais le bien, ne seras-tu pas agréé (= élevé) ? Et si tu ne fais pas le bien, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi, mais toi, domine (= prends autorité) sur lui. » (Genèse 4,7)



Regardons ce verset un instant : il y a un choix dans toutes les situations. Faire le bien ou ne pas le faire. C’est un choix volontaire, conscient et qui entraîne des conséquences, bonnes ou mauvaises. Toute opposition conduit à ces deux options. C’est une lutte constante dans la vie de tous les jours, et que nous aimions ou non décider, il faut le faire car il n’y a pas d’entre-deux. La justice est un sujet qui nous touche énormément, et le sentiment d’injustice se promène toujours autour de notre tête, comme un oiseau de proie. Beaucoup de nos réactions sont entraînées par ce sentiment. L’injustice conduit à la colère et la colère peut conduire jusqu’au meurtre. Ça peut ne passer que par les mots, mais ça peut aussi se manifester par les actes. Mais quelle que soit la manière dont elle s’exprime, les conséquences peuvent être graves, pour ceux qui nous entourent comme pour nous-mêmes. Donc il y a un réel danger à se laisser aller à de tels sentiments.



Dans cet épisode de la Genèse, Caïn a trouvé injuste l’approbation de Dieu envers son frère alors que son offrande ne trouvait pas grâce à ses yeux. Et là Dieu le met devant un choix, ce qui signifie qu’il aurait pu se remettre en question : son amour pour Dieu et son désir de l’honorer par tous les moyens auraient été reçus favorablement par Dieu qui l’aurait élevé, béni, comme promis. Cette remise en question aurait été pour lui l’occasion de grandir dans son caractère, de progresser spirituellement, de se rapprocher de Dieu, ce qui résume finalement la marche avec le Seigneur. En effet, il n’y a pas d’échec dans l’apprentissage avec le Seigneur, mais plutôt une recherche constante de sa présence pour avancer avec lui. Ou bien, il pouvait conforter son sentiment de rejet et d’injustice, ce qu’il a fait. Il semble évident que son idée de la justice n’était pas fondée sur les critères de Dieu tels que sa sainteté, sa droiture, son équité, mais plutôt sur les siens et sa propre conception de la justice, qui est donc par définition, injuste. En effet notre justice humaine est loin d’être immuable, mais change au contraire d’un individu à un autre, au gré des circonstances.



Alors qu’à fait Caïn ? Par son endurcissement, il a nourri le péché, calmement posté à la porte de son cœur comme un animal attendant qu’on s’attarde sur lui. Il faut savoir qu’on ne peut pas empêcher l’ennemi d’être tapis à côté de nous, en tout cas pas pour longtemps, car il rôde. Mais la bonne nouvelle, c’est que Dieu nous donne l’ordre de dominer sur lui ! Vous me direz peut-être, « en quoi est-ce une bonne nouvelle ? » C’est une bonne nouvelle parce que s’il nous l’ordonne, c’est qu’il nous en donne l’autorité ! Nous devons, mais surtout nous pouvons le soumettre !



Nous lisons dans la Bible que l’ennemi nous affronte de deux manières. Tantôt « votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera (= engloutira) » (1 Pierre 5,8), ce qui n’est pas très discret, mais néanmoins dangereux ; tantôt il est calmement attentif, imperceptible, nous donnant l’illusion qu’il n’est pas là, qu’on ne craint rien, mais sentant le trouble dans notre être et prêt à bondir, comme pour Caïn. La solution est dans le choix que Dieu nous soumet, faire le bien ou ne pas le faire. Il nous faut donc alors dominer cet ennemi, le péché, en lui résistant comme on le lit dans Jacques : « Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous. » (Jacques 4,7)



Notons qu’on ne peut le dominer qu’en se soumettant à Dieu, et donc en choisissant de faire le bien. Se soumettre à Dieu, c’est se laisser couvrir par son manteau de justice, sa justice, le sang de Jésus. Sans cette couverture, pas d’autorité, donc pas de victoire sur le péché. C’est uniquement là, en Christ et par Christ, que nous pourrons résister et faire fuir le diable. Jésus a déjà vaincu l’ennemi de nos âmes, il a déjà détruit la malédiction du péché et de la mort, et crucifié la chair à la croix. A nous de le saisir par la foi.



Pour en revenir au Psaume 92, il est question d’une rétribution, pour les justes comme les injustes (v.7, 13-14). L’illusion de la prospérité dans le monde n’est rien pour Dieu, car il connaît les cœurs. Et il est dit que l’Eternel est juste (v.15). Cela vaut pour ceux qui font le bien, comme pour ceux qui font le mal. Dieu est juste. C’est ce qu’il faut méditer lorsque le sentiment d’injustice vient nous susurrer des mensonges aux oreilles et que la jalousie se fait une place dans nos pensées. Rappelons-nous que la fidélité de Dieu ne faillira jamais. Il nous faut réfléchir à nos choix en gardant les yeux fixés sur le Seigneur et notre rétribution éternelle, dans la confiance, car notre Dieu est le Seigneur du Temps, de l’Histoire, et parfois, il est vrai, l’accomplissement de la promesse est plus longue que ce nous aurions voulu (Habacuc 2,3). Il nous faut croire en lui et surtout, lui abandonner ces émotions difficiles et notre désir impérieux de vouloir que justice soit rendue à l’instant, car elle lui appartient et à lui seul.









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© Cédric Fruhinsholz, novembre 2019