Un sceau, une identité – 6/11

Regardons maintenant l’utilisation que l’on fait aujourd’hui du tatouage, de manière générale, et nous essayerons d’en analyser les motivations.

Arrêtons-nous quelques secondes sur les animaux, puisque tout animal domestique doit être tatoué. Leur tatouage est leur identification. Cette marque permet de les répertorier dans un fichier. Ils sont identifiés selon leur espèce, leur race, leur propriétaire, et d’autres informations obligatoires. Ça a donc trait à leur identité et les relie directement à leur maître. Cette notion d’identification, voire de propriété, est aussi présente lorsque l’on marque des prisonniers ou des esclaves, ce qui arrive encore aujourd’hui malheureusement.

Une telle identification physique correspond à un sceau, à l’image du sceau utilisé par les rois et seigneurs, quelques siècles en arrière. Il porte devant le monde l’identité de celui à qui il appartient. Le sceau a valeur d’autorité, car nous savons que derrière le simple motif, il y a un maître qui est garant de ce qu’il scelle. De la même manière, tout tatouage est un sceau sur le corps, une marque physique indélébile et volontaire. C’est l’apposition d’une marque distinctive.

Dans la Bible, nous lisons que les marques physiques sur le corps étaient toutes liées à une alliance, notamment au travers de l’écoulement du sang, comme nous l’avons vu. Plus précisément, elles étaient ordonnées et/ou faites par le maître ou le tenant principal de l’alliance. Par exemple, la circoncision physique des israélites est un acte demandé par l’Eternel dans le cadre de l’alliance de Dieu avec Abraham.

Il existait aussi une coutume dans le Proche-Orient Ancien, dans laquelle les deux protagonistes d’une alliance se coupaient légèrement la paume de la main et frottaient de la cendre sur la plaie, afin qu’une fois cicatrisée, la marque de cette alliance demeure permanente. C’est le principe du tatouage. Ils pouvaient ensuite montrer cette marque en levant la main face à quelqu’un, signifiant qu’ils n’étaient pas seuls et que si l’on venait à les embêter, d’autres étaient de leur côté, liés par alliance. C’était un lien important qui pouvait fonctionner comme une protection mutuelle, une assurance vie. Si certains commentateurs bibliques disent que c’est tout à fait le genre de signe d’alliance qu’auraient pu faire David et Jonathan dans 1 Samuel 18, lorsque ce dernier lui donna son manteau, ses armes et sa ceinture, aucune preuve ne vient étayer cela.

Il est néanmoins intéressant de noter que de manière quasi-similaire, Jésus, après sa résurrection, son corps étant alors glorifié, avait encore les traces des clous dans les mains et les pieds, et la cicatrice à son côté. Ce sont les traces de l’alliance qu’il porte sur lui, permanentes, nous assurant qu’il se tient pour nous devant notre ennemi. Ce ne sont pas des tatouages bien entendu, mais les cicatrices, les marques physiques de son œuvre de rédemption qui demeurent. En ce qui nous concerne, il n’y a aucune contrepartie, si ce n’est de croire en lui. Aucun engagement physique ou atteinte à notre corps quel qu’il soit, mais simplement avoir un cœur circoncis, c’est-à-dire intègre. Nous pouvons donc pleinement nous identifier aux marques de ses mains. Esaïe l’avait prophétisé au chapitre 49,16 : « Voici, je t’ai gravée sur mes mains ». Jésus est notre assurance, notre sécurité.

Pour résumer, nous voyons Dieu ordonner un signe physique au peuple d’Israël (qui n’est pas suffisant en lui-même, comme nous l’avons vu), nous voyons les marques indélébiles sur Jésus en notre faveur, et potentiellement une marque d’alliance entre deux personnes qui s’engagent dans une protection mutuelle. Ce que nous ne voyons pas en revanche, c’est une quelconque marque physique de l’homme destinée à Dieu et je précise, de sa propre initiative, ni aucune marque à l’intention d’autres hommes qui pourrait servir de témoignage ou d’exhortation, c’est-à-dire pour un but missionnaire d’évangélisation. Nous ne trouvons dans la Bible aucun intérêt à une telle pratique.

Revenons à cette illustration du tatouage comme d’un sceau qui marque l’identité, et posons-nous quelques questions supplémentaires afin de faire avancer notre raisonnement et d’analyser nos motivations. Que pouvons-nous dire d’un tel sceau sur nos propres corps et quel en serait le sens ? Avons-nous déjà la légitimité d’une telle volonté personnelle ? Si ce n’est pas à la demande de Dieu, qui est le maître à l’initiative de ce sceau ? Enfin, sommes- nous propriétaires de nos corps pour que nous puissions prendre une telle décision irréversible ?

Article écrit par Cédric Fruhinsholz

Cédric, sa femme et ses quatre petits «Fruhi» sont originaires de France et vivent actuellement au Québec. Nul doute que leurs pérégrinations, dans différents coins du monde ont influencé sa musique et son écriture. Fils de pasteur, cet artiste de 35 ans trace d’abord son chemin personnel sur la voie de la louange pop francophone, avec notamment la sortie de deux albums en 2012 (« Que tout te rende gloire ») et 2015 (« Emerveillé »), avant de se mettre à écrire et enseigner la Parole de Dieu.