Les œuvres de la foi – 4/4

Il y a deux écueils à éviter : faire des choses que Dieu ne commande pas, et faire les choses que Dieu commande, mais à notre manière (autrement dit de la mauvaise manière). Ce qui nous permet de connaître le « quoi » et le « comment », c’est l’intimité avec Dieu, parce que la réponse à ces questions ne sont pas des détails pour lui. Il est un Dieu d’ordre. Sa Création a un ordre, il l’a faite en 6 jours et pas plus. Son plan éternel se déroule dans une chronologie parfaite, il ne fait rien au hasard. C’est pour ça que nous devons prier et proclamer que toutes nos sources sont en lui. On a parfois envie de faire les choses à notre manière mais ce n’est pas juste. Ça nous semble peut-être plus simple, plus rapide. Il arrive aussi que le Seigneur nous donne une marge d’action dans laquelle nous pouvons nous balader un peu. Mais nous avons tout de même une responsabilité. L’effet de la mort d’Uzza sur David a été de lui redonner la crainte de l’Eternel. Il s’est souvenu avec effroi que Dieu est vraiment puissant et qu’on n’agit pas avec légèreté lorsqu’il s’agit de ses affaires.

Il y a un rapport très important entre la bonne volonté et l’obéissance. Dieu nous demande l’obéissance. C’est l’un des principes de l’alliance. En hébreu « obéir » se dit shama’, qui signifie aussi « entendre ». Parce que les 2 notions ne doivent jamais être dissociées. Entendre la Parole de Dieu doit conduire à l’obéissance immédiate. Nous, parents, avons de la patience envers nos enfants et il nous arrive de compter lorsqu’ils mettent du temps à obéir, mais en réalité nous aimerions qu’à la première parole que nous donnons, ils obéissent. Il en va de leur sécurité ! Ce n’est pas de l’autoritarisme, mais de l’autorité, en vue de la vie. La Parole doit entraîner l’obéissance. Ça ne se discute pas. Si l’on veut réfléchir, on le fera après.

Romains 10,17 nous dit : « Ainsi la foi vient de ce que l’on entend, et ce que l’on entend vient de la Parole de Christ ». Le terme « parole » est ici rhéma qui est la parole parlée, révélée. C’est même parfois la parole commandée. C’est différent de la parole logos qui est plus éternelle, objective, écrite. Jésus est appelé la Parole logos dans Jean 1. La Bible et ses versets sont du logos, révélation et témoignage éternels de Dieu, mais qui seuls ne sont que des mots écrits sur des pages. 2 Corinthiens 3,6 enseigne que « la lettre tue, mais l’Esprit vivifie ». Au-delà des traductions et des interprétations, l’Esprit rend vivant des passages pour nous, qui touchent et impactent nos esprits et nos vies. C’est la parole rhéma, lorsque le texte devient vie pour nous. Lorsqu’il se révèle à nous par l’Esprit du Seigneur, il y a un avant et un après. La preuve que le texte seul ne suffit, c’est que même satan l’a cité à Jésus.

Et donc nos actions et nos œuvres doivent dépendre de cette parole rhéma, révélée et donc personnelle. Les choses que nous faisons dans notre vie chrétienne doivent toujours venir en réponse à la Parole de Dieu pour nous personnellement. Il y a des choses communes à tous les chrétiens, des outils qui nous sont donnés pour son œuvre, mais chacun, nous avons un appel particulier et complémentaire les uns des autres, comme les différents membres d’un corps.

Pour aller un peu plus loin, je dirais même dire que si l’œuvre que nous faisons ne répond pas à un commandement de Dieu, c’est de l’idolâtrie. Cela signifie que c’est la réponse à la volonté de quelqu’un d’autre que Dieu, souvent la nôtre. Nous devons, en tant qu’enfants de Dieu, entendre et obéir au commandement de Dieu pour nous, c’est-à-dire à sa parole que l’on reçoit dans notre communion personnelle avec lui. Nous pouvons la recevoir dans la prière, la lecture de la Bible ou d’un autre ouvrage chrétien, ou même par l’intermédiaire d’une personne, et cette parole vient nourrir notre foi qui va s’incarner dans une œuvre et portera de bons fruits. Mais on ne peut pas faire l’impasse sur le fait de passer du temps dans la présence du Seigneur, quel que soit l’endroit.

Il ne doit pas y avoir d’œuvre sans la foi qui est issue de la Parole de Dieu, je l’ai dit, ce serait alors de l’idolâtrie, car sa source n’est pas de Dieu. Mais la foi sans l’action ne porte bien sûr pas de fruits non plus. L’apôtre Jacques la qualifie d’inutile (Ja 2,20 et 26). Le fruit est donc la conséquence de la foi mise en œuvre. C’est ce que j’appellerais les œuvres de la foi. Voici donc la seule manière de porter du fruit.

Pour en revenir à l’image de l’arbre, une foi sans les œuvres en est un qui ne porte pas de fruits. Il a la sève, les branches, les feuilles qu’il faut, mais aucun fruit ne sort, ou bien ils restent atrophiés, inutiles. Une œuvre sans la foi, sans que ce soit en réponse à la Parole de Dieu pour nous, ce sont des tas et des tas de feuilles, c’est-à-dire une belle apparence sans fruit derrière, beaucoup d’investissement sans le revenu attendu. Pourquoi Jésus a-t-il maudit le figuier qui n’avait pas de feuilles ? Il est écrit que ce n’était pas la saison de porter du fruit, ce qui a étonné les disciples. Mais chez le figuier le fruit printanier suit les premières feuilles, avant de donner vraiment en été. S’il y avait des feuilles mais pas de fruits c’est qu’il n’allait pas en porter du tout. En apparence nous avons l’impression qu’il y aura du fruit, puis nous nous approchons et il n’y a rien. Jésus a maudit cet arbre qui a séché et est mort.

Quand il a vu le figuier, il n’a pas cherché à savoir quel était son intention. L’identité de l’arbre était d’être un porteur de figues, il devait donc simplement en avoir. Dans notre identité d’enfant de Dieu, nous devons aussi porter du fruit. Car en Christ, nous avons un appel. En effet, il n’y a pas d’identité sans appel, ce n’est pas biblique. Et avec l’appel viennent les fruits, car en même temps que le Seigneur nous appelle, il nous donne aussi de quoi l’accomplir, les moyens de porter le fruit attendu. C’est la provision de Dieu, la définition même de la prospérité : Dieu nous donne de quoi accomplir ce pour quoi il nous a appelés. Notre identité se trouve en Jésus-Christ, tout le reste suit.

Alors en ce début d’année, prenons de la hauteur et regardons nos vies pour voir ce que nous en faisons, là où vont notre temps, notre attention, notre argent, notre énergie, etc. Et pour tout ce qui nous occupe, apprenons à sonder nos motivations, rechercher la source et pas seulement le résultat. Ce n’est pas parce que la chose semble bonne qu’il faut la faire. En d’autres termes, ne gâchons pas le temps que nous avons, car le Seigneur revient bientôt. « Rachetez le temps, car les jours sont mauvais », nous dit Paul en Ephésiens 5,16. Soyons sûr de l’utiliser pour porter du fruit et pas seulement des feuilles. Parce que les feuilles, nous devons les élaguer lorsqu’il y en a trop. Elles pompent la sève qui revient aux fruits. Faisons-le parce que lorsque Dieu donne un répit, à un moment donné vient l’échéance et il coupe l’arbre, et ça fait mal. Discernons chacun pour notre vie quelle est la volonté de Dieu aujourd’hui. Revoyons nos priorités et remettons toutes nos activités devant le Seigneur pour s’assurer qu’elles portent vraiment du fruit, c’est-à-dire qu’elles viennent vraiment de Dieu, et avançons dans l’obéissance à notre Seigneur et Sauveur.

Article écrit par Cédric Fruhinsholz

Cédric, sa femme et ses quatre petits «Fruhi» sont originaires de France et vivent actuellement au Québec. Nul doute que leurs pérégrinations, dans différents coins du monde ont influencé sa musique et son écriture. Fils de pasteur, cet artiste de 35 ans trace d’abord son chemin personnel sur la voie de la louange pop francophone, avec notamment la sortie de deux albums en 2012 (« Que tout te rende gloire ») et 2015 (« Emerveillé »), avant de se mettre à écrire et enseigner la Parole de Dieu.