Vainqueurs des tribulations

Dans Actes 14,22, il est écrit que Paul et les apôtres allaient de ville en ville « fortifiant les âmes des disciples, les exhortant à persévérer (demeurer) dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations (d’afflictions) qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu ». Personne n’aime les difficultés, encore moins les tribulations. Pourtant, d’après ce passage, il semble bien que ces situations que nous essayons souvent d’éviter, sont une réalité de la vie chrétienne, un passage nécessaire entre la place où nous nous trouvons aujourd’hui et le royaume de Dieu vers lequel nous courons. Elles manifestent l’opposition qui existe entre qui nous sommes, des citoyens des Cieux, et l’esprit de ce monde qui nous combat farouchement. Mais Paul nous dit aussi qu’en les supportant, nous sommes « jugés dignes du royaume de Dieu pour lequel vous souffrez » (1 Thessaloniciens 1,4-5). Vous comprenez bien qu’on ne peut pas y couper.

Jésus ne nous l’a jamais caché. Au contraire : « je vous ai dit ces choses, afin qu’en moi vous ayez la paix. Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16,33). Connaissant ce à quoi nous serons inévitablement confrontés, il nous a encouragés d’avance en nous offrant d’une part la paix en lui, ce qui est inestimable, sachant qu’il se trouve aujourd’hui assis à la droite de Dieu, le puissant souverain ; et d’autre part l’espérance, même l’assurance, qu’il a déjà vaincu ce monde.

Remarquez que le Seigneur ne nous indique pas grâce à quels miracles nous allons réussir à traverser ces afflictions, mais il nous révèle sur quoi nous devons nous appuyer, la source infaillible qui va nous faire tenir au travers de ces tempêtes, et qui sont, je le répète : sa paix qu’il nous donne (Jean 14,26) et notre foi en lui, en sa victoire sur le monde et sur la mort. Comme le psalmiste, proclamons cette vérité avec force : « L’Eternel est pour moi, je ne crains rien : Que peuvent me faire les hommes ? » (Psaumes 118,6). Car même les clés de la mort sont dans sa main (Apocalypse 1,18) et elle n’a plus de pouvoir contre ceux qui croient. Notre salut est assuré par la vie même de Jésus-Christ ressuscité !

Mais comment allons-nous traverser ces tribulations auxquelles le Seigneur nous prépare ? Si nous sommes assurés que Jésus-Christ est avec nous tous les jours (Matthieu 28,20), que « l’ange de l’Eternel campe autour de ceux qui le craignent » (Psaumes 34,7), ce qui en soit est déjà une force hors du commun, ce n’est pas tout. L’affliction produit en nous un fruit qui n’est certes pas très agréable à goûter, car ça nous coûte, c’est une lutte jusque dans notre chair. Mais sa récompense est la couronne de vie (Jacques 1,12). C’est l’ENDURANCE.

Malheureusement, les traductions ne nous rendent pas la tâche facile et il faut souvent regarder le grec pour faire des liens qu’on ne verrait pas sinon. L’endurance (hupomoné en grec) n’est pas la patience, qui signifie « colère/passion éloignée dans le temps, tolérée un moment ». En effet la patience est souvent attribuée à Dieu et est une action passive de retenue, comme lorsqu’il en fait preuve envers nous malgré notre péché (2 Pierre 3,9). Ce n’est pas non plus la persévérance, qui, bien qu’elle implique notre engagement, est plutôt un appel à la constance, un dévouement assidu, comme c’est requis dans la prière, la communion fraternelle, le partage du pain et du vin, etc. (Ephésiens 6,18 ; Actes 2,42).

Non, l’endurance signifie littéralement « demeurer, tenir ferme sous » le chaos, les difficultés et la souffrance, en d’autres termes, lors des tests de notre foi. Jésus en parle dans Luc 21,19 : « Par votre endurance, vous sauverez vos âmes » ; puis Paul dans Romains 5,3-4 : « nous nous glorifions même des tribulations, sachant que la tribulation produit l’endurance, l’endurance la victoire dans l’épreuve » ; ou encore en Hébreux 10,36 : « Car vous avez besoin d’endurance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. » Elle est la clé de la victoire.

Il n’y a pas de raccourcis. Dans Apocalypse, Jésus répète 8 fois qu’il récompense les vainqueurs, ceux qui auront enduré, supporté les tribulations au milieu desquelles il promet de nous garder : « Parce que tu as gardé la parole de l’endurance en moi, je te garderai aussi à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. Je viens bientôt » (Apocalypse 3,10-11). Donc, lorsque vient l’affliction, souvenons-nous qu’en Jésus, nous sommes équipés pour la traverser, et sortir victorieux et fortifié dans notre foi. Alors ne perdons pas courage, car « celui qui endurera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. » (Matthieu 24,12). Tenons bons, la victoire est assurée, il vient bientôt !

Article écrit par Cédric Fruhinsholz

Cédric, sa femme et ses quatre petits «Fruhi» sont originaires de France et vivent actuellement au Québec. Nul doute que leurs pérégrinations, dans différents coins du monde ont influencé sa musique et son écriture. Fils de pasteur, cet artiste de 36 ans trace d’abord son chemin personnel sur la voie de la louange pop francophone, avec notamment la sortie de deux albums en 2012 (« Que tout te rende gloire ») et 2015 (« Emerveillé »), avant de se mettre à écrire et enseigner la Parole de Dieu.

Cet article a 1 commentaire
  1. Béatrix VALENTE Reply

    Merci Cédric pour votre message si enrichissant! Il me parle et fortifie à nouveau puisque nous l’avons reçu il n’y a pas longtemps dans lettre d’intercession de Pierre-Daniel et Pascale. Soyez richement béni et encouragé dans tout ce que vous entreprenez 🙏

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