Les dream-catcher

On les voit souvent accrochés aux murs des maisons, pendus sur le rétroviseur des voitures ou encore imprimés sur des coques de téléphones portables ou des t-shirts. Mais sait-on seulement d’où ça vient ? Faut-il s’arrêter à sa simple apparence décorative ? Examinons les dream-catchers de plus près.

L’HISTOIRE

Les « capteurs de rêve » ont plusieurs noms à l’origine, dont les deux principaux sont : asubakacin (« qui ressemble à une toile ») et bwaajige ngwaagan (« piège à rêve »). Ils nous viennent d’une ancienne tribu indienne, les Ojibwe, également appelés les Chippewa, qui représentent le 3ème plus grand groupe d’indiens autochtones aux Etats-Unis et le 2ème au Canada. Ces objets tirent leur nom d’Asibikaashi, leur déesse protectrice, autrement appelée la « femme-araignée », d’où la présence d’une toile. Selon le mythe amérindien, devant le nombre grandissant de ce peuple nombreux, cette femme-esprit aurait révélé aux mères, sœurs et grands-mères Ojibwe de fabriquer ces amulettes, qu’elles devaient placer au-dessus des lits de bébés. L’objectif était de former un vaste réseau en utilisant ces anneaux comme des portails spirituels, afin d’étendre le champ d’action de la déesse qui ne pouvait pas être partout à la fois. Grâce à cela, elle avait alors accès à chaque maison et pouvait libérer ses pouvoirs de protection sur tout le territoire, de plus en plus grand.

LES CROYANCES

Il s’agit plus précisément d’un cercle en osier soutenant un entrelacement de cordes (boyaux ou végétaux), formant une toile « magique » comme ils disent, et accompagné à l’origine d’au moins une plume, puis de perles et autres gemmes plus tard. Sa fonction est multiple et fondamentalement spirituelle. En effet, les Chippewa pensent que tout événement, bon ou mauvais est lié à un esprit. Or il fallait un moyen de se défendre contre ces être invisibles malveillants, ces influences mauvaises, et c’est là qu’intervient la toile d’araignée : elle a pour vocation de filtrer et retenir prisonniers les mauvais rêves (et visions), les mauvaises pensées et tout ce qui pourrait amener la malchance ou une malédiction sur le bébé d’abord, puis plus largement sur le foyer. C’est au lever du soleil que toutes ces énergies piégées sont définitivement détruites. Dans leur pensée, ces pièges ont la capacité de transformer l’énergie présente dans une pièce en capturant tout ce qui est négatif. Sa seule présence est donc un gage de protection spirituelle, voire de guérison.

LES SYMBOLES

  • Le cercle en osier, en plus de représenter une porte spirituelle pour Asibikaashi, symbolise le soleil dans sa course quotidienne, à la lumière duquel il n’y a pas de cauchemars. Cette forme est très importante pour les Indiens, puisqu’elle symbolise aussi l’éternité, le cycle de la vie, éternel recommencement. C’est aussi dans un « cercle sacré » qu’ils tiennent les conseils des anciens, d’où ils disent tirer leur pouvoir sur la terre. Notons que cette forme géométrique est essentielle dans l’univers plus large de l’occultisme, puisqu’elle aurait cette propriété « magique » de réunir le spirituel et le  naturel, et d’agir comme un concentrateur des forces spirituelles qui s’y trouvent protégées contre toute influence extérieure, et potentialisées. Le cercle bien réalisé est censé garantir le pouvoir d’un sort ou l’efficacité d’un rituel. C’est pour cela que beaucoup de talismans et d’amulettes se trouvent entourés d’un anneau, et ce n’est pas non plus un hasard qu’il soit question ici du cercle comme « portail spirituel » de la femme-araignée, lien entre les deux mondes, visible et invisible.
  • La toile, nous l’avons vu, doit retenir dans ses liens toute influence néfaste, en opérant principalement la nuit, et les détruire le jour. Toute énergie positive est également retenue et descend naturellement vers les possesseurs de ces objets, le long des fils et parfois des plumes. Il est envisagé également que les perles actuelles pourraient représenter ces bonnes influences comme des gouttes de rosée (notion appartenant également au mythe d’Asibikaashi).
  • Le nombre de fils et de nœuds était originellement très symbolique (lié parfois aux Sept Prophètes, ou prophétie des Sept Feux ; d’autre fois aux huit pattes de la déesse-araignée, etc.), et la toile partait du centre vers l’anneau sous forme de spirale.
  • Une plume, d’abord au centre, puis avec le temps en bas de l’anneau, représente l’air, indispensable à la vie, mais a aussi comme vertu d’invoquer sur eux la sagesse (une plume de chouette pour les femmes) et le courage (une plume d’aigle pour les hommes).

Ces explications ne présentent que certains aspects rituels de cette pratique ouvertement reconnus, mais ne nous y trompons pas, rien n’est laissé au hasard et chaque détail porte un sens, ce qui laisse entrevoir l’étendue de son influence occulte.

CONCLUSION

Le dream-catcher n’est donc pas qu’un simple objet de design. Et si d’un point de vue esthétique et commercial il ne se voudrait aujourd’hui que décoratif, « romantisé », finalement inoffensif, cela n’en fait pas moins un objet magique « sacré » par essence, un portail et un regard spirituel soumettant les maisons et les personnes à de néfastes influences démoniaques, notamment celle de cette déesse-araignée, tout le contraire de ce qu’il voudrait faire croire. C’est une véritable amulette, un « sceau » peut-on également lire, devant apporter protection et chance et nous assurer un futur de réussite. C’est pour cela qu’à la suite des amérindiens, le courant New Age se l’est en quelque sorte approprié, louant ses effets « bienfaisants » spirituels.

C’est donc quelque chose à proscrire de nos vies, à détruire le cas échéant et pour lequel il est important de demander pardon au Seigneur qui veut et doit être la seule influence dans nos maisons et nos familles. Alors soyons sensible à cela, faisons le ménage de ce qui n’est pas à la gloire de Dieu, rejetons ces symboles et choisissons sa vie, sa paix et sa faveur.

Bibliographie :

https://www.nativetech.org/dreamcat/dreamcat.html

https://owlcation.com/humanities/History-and-Tradition-of-the-Dream-Catcher

Article écrit par Cédric Fruhinsholz

Cédric, sa femme et ses quatre petits «Fruhi» sont originaires de France et vivent actuellement au Québec. Nul doute que leurs pérégrinations, dans différents coins du monde ont influencé sa musique et son écriture. Fils de pasteur, cet artiste de 35 ans trace d’abord son chemin personnel sur la voie de la louange pop francophone, avec notamment la sortie de deux albums en 2012 (« Que tout te rende gloire ») et 2015 (« Emerveillé »), avant de se mettre à écrire et enseigner la Parole de Dieu.

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