Porter du fruit – 1/4

Pour commencer cette nouvelle année 2020, prenons le temps de proclamer pour nous et nos proches cette magnifique prière que nous offre l’apôtre Paul :
« C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. » (Colossiens 1,9-14)

Quelle prière ! Cela vaut bien plus que toutes les résolutions du nouvel an que nous pourrions prendre et bien souvent abandonner rapidement. C’est important de remettre cette nouvelle année au Seigneur et de se recentrer sur l’essentiel. Pour cela, regardons le premier appel de Dieu à l’Homme, dès le premier chapitre de la Genèse :
« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds (hébreu parah, littéralement « fructifiez », « portez du fruit »), multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. » (Genèse 1,27-28)

La première chose que Dieu nous commande est de « porter du fruit ». En effet, n’est-ce pas l’appel de tout chrétien ? Mais regardons ce que nous enseigne la parabole de Luc 13,6-9. Elle nous parle d’un homme dont le figuier ne donne aucun fruit. Quand le maître vient finalement dire qu’il faut le couper, le vigneron demande encore une année de répit, après quoi, il pourra le couper :
« Seigneur, laisse-le encore cette année ; je creuserai tout autour, et j’y mettrai du fumier. Peut-être à l’avenir donnera-t-il du fruit ; sinon, tu le couperas. » (Luc 13,6-9)

Prenons 2020 comme cette année de répit pendant laquelle nous devons porter du fruit ! Que ce soit plus qu’une exhortation pour nous, une vraie ligne de conduite. En effet, un arbre fruitier qui ne porte aucun fruit n’a aucune valeur, il prend de la place pour rien. Il peut avoir beaucoup de feuilles, mais s’il ne porte pas de fruit, il est condamné à être coupé.

Mais alors qu’est-ce que le fruit que le Seigneur attend que nous donnions ? Quels en sont les caractéristiques ? Voyons ce que nous dit la Parole :

  • Nos fruits nous rendent reconnaissables, en tant qu’enfants de Dieu, selon Matthieu 7,20 : « C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez »
  • Ils se manifestent au travers d’œuvres bonnes et durables, selon Colossiens 1,10 que nous avons lu en introduction et Jean 15,16 : « Moi, je vous ai choisis et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Le bon fruit n’est pas éphémère, mais s’installe dans la durée, comme un avant-goût de l’éternité, un fruit du Royaume de Dieu.
  • Il y a bien sûr le fruit de l’Esprit, selon Galates 5,22 : « Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi ». Notons un détail, il n’est pas question de neuf fruits de l’Esprit différents que l’on pourrait manifester au choix, mais c’est bien LE fruit de l’Esprit. C’est notre caractère dans son ensemble qui est transformé lorsque l’Esprit fait son œuvre en nous. Ce fruit ne tombe pas du ciel comme les « dons » de l’Esprit qui sont des cadeaux de Dieu comme le nom l’indique. Bien au contraire, le fruit se cultive, c’est-à-dire qu’il se développe avec du temps et de l’effort, en commençant par le renoncement à soi-même et en présence de l’Esprit de Dieu. Cela exige une relation personnelle régulière avec le Seigneur, qui nous transforme.
  • Nous voyons dans Genèse 26,22 que le fruit que nous devons porter est aussi lié à la prospérité, puisque parah y est traduit par « prospérer », et par prospérité j’entends la réussite des projets confiés par Dieu, qui évoluent en bien et prennent de l’ampleur. Selon le Psaume 1,3 qui parle du juste, il est dit : « il donne son fruit en sa saison, […] tout ce qu’il fait lui réussit ». Le fruit est lié à la réussite, il ne peut en être autrement. Dans les cinq livres de Moïse, le mot parah est d’ailleurs toujours associé à la multiplication.
  • Ce qui valide ce fruit, c’est qu’il glorifie toujours et seulement l’Eternel, jamais l’homme, selon la parole de Jésus en Jean 15,8 : « Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. » Car toute la gloire Lui revient.
  • Une dernière chose, Ephésiens 5,9 dit que « le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité ». En d’autres termes, les bons fruits que nous sommes appelés à porter doivent manifester les principes fondamentaux du Royaume de Dieu que sont la bonté, que l’on peut associer à la droiture de cœur, la justice, à l’intégrité, et la vérité. Si l’un des trois n’est pas présent, il y a de forts doutes à avoir quant à la qualité des fruits.

Pour résumer cela, porter du fruit c’est manifester et incarner par notre vie les réalités et les valeurs du Royaume de Dieu, qui sont une bénédiction pour le monde qui nous entoure, et par conséquent pour nous aussi. C’est participer à faire venir le règne de Christ sur la terre, dans notre maison et dans tout lieu que fouleront nos pieds, à commencer par les actions du quotidien. Enfin, c’est le salut des âmes qui sont arrachées au monde des ténèbres pour trouver la Lumière de Christ. Car contrairement au serpent dans le jardin d’Eden qui propose un fruit qui apporte la mort, le fruit que nous donnons au monde porte la vie, puisqu’il est issu de Christ qui vit en nous, par la puissance de son Esprit.

Article écrit par Cédric Fruhinsholz

Cédric, sa femme et ses quatre petits «Fruhi» vivent actuellement à Aix-en-Provence. Nul doute que leurs pérégrinations, dans différents coins de France et du monde ont influencé sa musique et son écriture. Fils de pasteur, cet artiste de 34 ans trace d’abord son chemin personnel sur la voie de la louange pop francophone, avec notamment la sortie de deux albums en 2012 (« Que tout te rende gloire ») et 2015 (« Emerveillé »).